Pour le climat

 » A quoi sert de se battre pour une retraite digne pour les futures générations
si au moment de prendre leur pension, la planète brûle ? « 

Comme vous le savez, de plus en plus de vieilles et de Vieux en Colère soutiennent les plus jeunes dans leur manifestations des jeudis pour le climat.
Ils seront encore
  CE JEUDI A 12.00 H. BRUXELLES – GARE DU NORD
( DÉPART de la manifestation à 13.00 H )

Quelques pistes des Vieux pour sauver le climat
· Dans les villes, investir massivement dans le transport public (bon marché et accessible aux moins valides)
· Supprimer l’avantage fiscal pour les voitures d’entreprise
· Décourager le transport aérien en taxant le Kérosène
. Décourager les mégas transports maritimes ( Méga croisières – méga transporteurs de conteneurs) en taxant le fioul maritime
· Accélérer la construction de pistes cyclables sûres pour les plus valides et permettre des dérogations pour les moins valides
· Accélérer le passage à la production d’énergies renouvelables

Beaucoup de politiques prétendent, comme pour « le minimum de retraite digne »:
– “Nous comprenons vos préoccupations et pour le climat et pour les pensions mais cela doit rester payable”.
Ils veulent des pistes de solutions ?
En voici, en voila:
– Une plus grande justice fiscale
– Un système d’impôts équitable (où les plus fortes épaules supportent les coûts les plus lourds) pourrait amener dans les caisses de l’Etat des dizaines de milliards.

Il ne faut pas séparer la problématique du climat, des autres problèmes sociétaux comme les pensions !
Quelques exemples:
· La baisse du pouvoir d’achat,
. L’accroissement de la pauvreté, à commencer par les plus âgés
· L’augmentation des coûts des soins de santé
Nous le savons, tout ce qui est basé sur la solidarité est démantelé petit à petit (sécurité sociale, services publics…)
Voilà pourquoi, nombre de Vieilles Gangstères et de Vieux Gangsters en Colère sont solidaires des plus jeunes, y compris pour le climat !

Michel HUISMAN
GVC

APPLE – GAME OVER

Passer à la TV, c’est bien, mais le principal est de se réveiller !

Visualiser le Flash-Mob de ce 25 janvier chez Apple

Et après ???

Il ne s’agit pas d’en rester là !

Pour Apple, l’évasion fiscale est un jeu… Il est temps de lui dire «GAME OVER» !
Entre 2002 et 2010, Apple a tait perdre plus de 14 milliards d’euros aux pays européens.
En effet, la multinationale ne paie ses impôts qu’en Irlande, où elle bénéficie d’un taux d’imposition « cadeau » de 4,5 %.

Si Apple avait payé ses impôts selon le taux normal de 33,99%, pour ses activités exercées en Belgique, elle aurait dû payer 500 millions d’euros au Trésor belge!  Avec cette somme, on pourrait payer le salaire de 10.000 infirmier(ère)s pendant un an !
Une taxation juste permettrait le refinancement des services publics, Pourtant, tandis que des multinationales éludent l’impôt, le gouvernement fédéral leur distribue des cadeaux fiscaux, préférant faire payer la crise aux citoyens !

Interpellez le Ministre des Finances Alexander de Croo pour qu’il mette fin à ce jeu, à cette INJUSTICE FISCALE !

Envoyez-lui, par courrier postal ou Email (info@decroo.fed.be) , le texte suivant : (Format PDF)

 » Lettre au Ministre de croo « 

Les Gilets Jaunes

Oui, je suis un Gilet Jaune !

Je suis âgé de 65 ans… et plus. De toute ma vie, j’ai participé à de nombreuses manifestations pour tout ce qui, à mes yeux, représentaient un juste et légitime combat. Les conditions et la sécurité au travail, les salaires, les pensions et même récemment le climat. C’est donc naturellement que dernièrement j’ai enfilé mon Gilet Jaune.

Aujourd’hui, face à la violence de ce mouvement et surtout à sa « non-organisation », je range ce gilet au porte-manteaux.

Non, le mouvement des Gilets Jaunes tel qu’il dérive actuellement, n’est plus le peuple !

Le peuple n’a pas besoin de se cacher derrière un foulard ou une cagoule noire. Il doit être suffisamment fier pour pouvoir avancer à visage découvert et exprimer ses revendications par le dialogue.
Il est trop facile de se retrancher derrière « il fallait s’y attendre ». Cette phrase accrédite à elle seule la violence.  Au contraire, il fallait empêcher la présence de ces masques. Les véritables Gilets Jaunes étaient bien plus nombreux que ces troublions et devaient les écarter afin de ne pas y être assimiler.

Le peuple, ce n’est aucunement cette bande de casseurs ou de pilleurs.
En face de la tête de la manifestation, il y a d’autres hommes, d’autres travailleurs qui font aussi partie du peuple et dont le travail consiste à maintenir la sécurité publique.
Les destructions aux biens publics (et même privés), les soins aux blessés, policiers ou manifestants, qui va les payer ? Ces casseurs ?
Non, réfléchissez un peu sans préjugé : Nous allons payer, vous et moi, le Peuple !

Non, le peuple n’est pas « Facebook » ! Facebook est bien trop influençable, manipulable. Il est le lieu de bien trop de contrevérités ou affirmations invérifiables. D’ailleurs, les soi-disant combattants contre le capitalisme devraient savoir qu’en l’utilisant, ils participent inconsciemment à l’enrichissement de cette entreprise qui se fait des milliards sur leur dos rien qu’en négociant leurs propres données privées ?

Le gilet jaune était un étendard bien représentatif du raz-le-bol de la société, face à des inégalités de plus en plus flagrantes. Certains l’on sali par une violence physique injustifiable. Certains voudraient faire porter la responsabilité de cette violence à la « non écoute » des politiques, à la réponse à la répression policière … ! Non, la violence est INEXCUSABLE !
Non, il y a toujours moyen de se faire entendre et de manifester sans violence. La preuve ce dernier weekend, une manifestation pour le climat qui a rassemblé plus de 70.000 personnes et tout s’est très bien passé.
La démocratie a aussi mis à disposition du peuple un outil bien plus efficace que l’anarchie : les élections. C’est à ce moment qu’il faut agir consciemment et bien choisir. C’est bien trop facile de dire « C’est pour toujours les mêmes » ou de ne pas voter.
Il faut savoir ne pas se faire leurrer par les promesses de partis populistes qui promettent tout, mais le moment venu, refusent d’agir.
Il faut savoir analyser et faire la part des choses sur les informations trouvées sur Facebook, Twiter et autres médias …
Il faut analyser les programmes des partis, discuter et échanger ses idées avec les femmes et hommes qui se présentent, comparer … Ce n’est pas celui qui crie le plus fort qui nécessairement est détenteur de la vérité !

Le peuple doit finir de se laisser mener par le bout du nez !

J’enfilerait certainement à nouveau mon gilet jaune ou tout autre étendard pour autant qu’un minimum d’encadrement soit mis en place, que le projet soit bien défini et que des représentants fiables et compétents nous représentent, nous, le Peuple.

 

La Belgique n’a pas de problème budgétaire ; elle a un problème fiscal ! 

Texte de Michel Gevers, professeur à l’UCL et Doctor honoris causa VUB.


Ce gouvernement qui veut moderniser est en retard d’une guerre.
9 novembre 2014, 22:56
Michel Gevers

La Belgique n’a pas de problème budgétaire ; elle a un problème fiscal
Un texte de Michel Gevers.
Professeur émérite de l’UCL et Docteur Honoris Causa de la VUB

Depuis des années, le monde politique, le patronat et la presse nous assènent que la Belgique a un immense problème budgétaire.
Le budget de l’état présente un déficit de 14 milliards ; l’Europe nous menace de sanctions.
On a fait croire à l’opinion publique qu’il faut faire des sacrifices, qu’il faut sabrer dans la sécurité sociale parce que c’est la crise.
Et « la crise » est présentée comme une loi de la nature : c’est venu tout seul, personne n’en est responsable.
On évite bien sûr de dire que « la crise » est le résultat tout à fait prévisible de trente ans de dérégulation et de néolibéralisme initiés par Reagan et Thatcher.
Or la Belgique n’a aucun problème budgétaire.
Elle a un problème fiscal parce que ces mêmes Reagan et Thatcher ont un jour décidé qu’il était inacceptable que les plus fortunés d’entre nous paient autant d’impôts que la classe moyenne, et que nos dirigeants belges et européens, libéraux et conservateurs, les ont suivis et ont organisé l’évasion fiscale.
Pendant 12 ans, Didier Reynders a mis en place ou renforcé des mécanismes qui permettent aux gens très fortunés et aux sociétés qui font les plus gros bénéfices de ne payer quasiment aucun impôt : abaissement des taux d’imposition sur les gros revenus, précompte « libératoire » (le joli mot!) à un taux très bas, intérêts notionnels, et autres mécanismes ont été mis en place pour que les riches deviennent de plus en plus riches.
Ceci explique que les très riches français viennent s’installer en Belgique, paradis fiscal pour les très fortunés et pays de la rage taxatoire pour tous les autres.
Lorsqu’il y a deux ans il a été révélé que le baron Albert Frère avait payé moins de 300€ d’impôts sur toute l’année, (Albert Frère « baron » … un ami de Sarko … ) son adjoint a expliqué qu’il n’y avait eu aucune fraude, que c’était légal.
C’est à cela que sert un ministre des finances libéral, à rendre l’évasion fiscale parfaitement légale.
Il y a quelques jours, grâce aux chiffres de la Banque Nationale, nous avons appris qu’une femme de ménage paie infiniment plus d’impôts que la société Inbev ou le holding GBL d’Albert Frère, qui tous deux ont payé 0€ d’impôts sur des bénéfices de 1.748 millions et 845 millions d’euros, respectivement.
Le groupe Telenet a été moins chanceux : il a quand même dû payer 0,4% d’impôts sur un bénéfice de 4.317 millions d’euros.
Le dossier LuxLeaks nous apprend comment l’évasion fiscale organisée par nos Ministres des Finances permet aux grosses sociétés et aux plus riches d’échapper à l’impôt, ce qui oblige les travailleurs à payer des impôts exorbitants pour pouvoir notamment offrir un avion gratuit au baron Albert Frère.
Les mécanismes mis en place pour que les grosses sociétés ne paient quasiment pas d’impôts représentent un trou dans les finances de l’état qu’on évalue à 12 milliards.
La fraude fiscale et l’évasion fiscale des particuliers est estimée à un montant de 8 à 12 milliards.
C’est donc environ 20 milliards d’euros qui échappent aux recettes de l’état par la volonté du pouvoir politique, et en particulier des partis libéraux.
Et cette somme va encore augmenter avec les nouveaux cadeaux fiscaux du gouvernement Michel.
On n’a jamais montré que les intérêts notionnels avaient créé un seul emploi en Belgique.
Par contre, ces intérêts notionnels, maintenus contre toute attente par notre nouveau gouvernement néo-libéral, vont coûter des milliers d’emplois perdus.
Car en effet, pour compenser le trou de plusieurs milliards qu’ils créent dans les recettes de l’état, le gouvernement a introduit des réductions budgétaires massives qui vont mettre des milliers de travailleurs au chômage.
Les institutions culturelles, la recherche scientifique, les chemins de fer, le CRIOC, les entreprises publiques, tous vont devoir réduire leur personnel ou tout simplement disparaître, comme c’est le cas de BELSPO et du CRIOC par exemple. A côté de ces pertes d’emploi sèches, ce sont plusieurs millions de travailleurs belges qui vont voir leur salaire réduit ou leur coût de la vie augmenté, alors même que la Belgique n’a aucun problème budgétaire, mais un problème fiscal : le gouvernement ne veut pas taxer les riches.
Plutôt que de taxer la totalité des revenus, il ne veut taxer que les salaires et les allocations sociales.
Lorsque, sous les gouvernements précédents, les partis de gauche demandaient de taxer de la même manière les revenus du travail et du capital, les libéraux s’y sont farouchement opposés.
La raison?  » C’est trop compliqué. Les riches ont des armées d’avocats qui leur permettront d’évader l’impôt. Et puis la Belgique n’a pas de cadastre des fortunes.  »
Depuis 30 ans qu’on nous dit cela, on aurait pu établir ce fameux cadastre des fortunes, comme d’autres pays l’ont fait.
On nous a donc fait croire que la Belgique a un énorme problème budgétaire, et le gouvernement Michel a décidé que, plutôt que de faire contribuer les très riches et les sociétés qui font d’immenses bénéfices non taxés, il allait déclarer la guerre aux personnes qui travaillent ou qui essaient de travailler. C’est une lutte des classes d’une rare violence qui est enclenchée par ce gouvernement, soutenu par la FEB et le VOKA.
Saut d’index, blocage des salaires, atteintes aux pensions, limitation de l’accès aux soins de santé et à la culture, suppressions massives d’emplois : tout est fait pour appauvrir la population et décourager ceux qui veulent travailler de le faire.
C’est ainsi que les 50.000 personnes qui, pour échapper au chômage, acceptent de travailler à temps partiel alors qu’ils cherchaient un temps plein reçoivent une allocation complémentaire (appelée AGR) pour s’assurer qu’ils ne gagnent pas moins en travaillant qu’en chômant.
Le gouvernement a décidé de décourager ces personnes, essentiellement des femmes, en réduisant cette allocation.
Pour faire accepter par l’opinion publique cette dégradation des services et ces baisses considérables du pouvoir d’achat, le gouvernement utilise une vieille arme de propagande. Il ne dit pas  » on va démanteler, on va licencier, on va réduire, on va attaquer, on va appauvrir  » ; non, il dit  » on va moderniser « .
On va moderniser le marché du travail, on va moderniser le régime des pensions, on va moderniser la SNCB, on va moderniser les institutions scientifiques et culturelles.
La déclaration gouvernementale reprend 93 fois les mots moderne et moderniser !
Bien joué : même les éditorialistes tombent dans le panneau et écrivent à leur tour qu’il faut  » moderniser  » la sécurité sociale et le marché du travail, alors que ce mot ne veut évidemment rien dire.
Comble de l’ironie : ce gouvernement qui veut moderniser est en retard d’une guerre.
Car aujourd’hui tous les grands économistes et même les milieux financiers, FMI en tête, affirment que ce qui a plongé l’Europe dans la misère en générant des dizaines de millions de chômeurs, c’est la politique d’austérité menée depuis 2008.
Seuls des investissements publics massifs et une augmentation du pouvoir d’achat sont susceptibles de relancer la demande et de sortir l’Europe du marasme.
Même les économistes libéraux belges, qui ont inventé ou soutenu les intérêts notionnels, reconnaissent aujourd’hui leurs erreurs.
Mais le gouvernement Michel n’a rien lu de ces discours trop modernes pour lui, il n’a pas lu Thomas Piketty qui montre que nous sommes sur le point de retrouver le niveau d’inégalités d’avant 1914, et qui en explique si bien les mécanismes.
Conclusion : la Belgique n’a aucun problème budgétaire.
Il n’y a donc aucune raison de s’attaquer à notre système de sécurité sociale, notre recherche, nos institutions culturelles, ou la SNCB.
Il suffit de faire en sorte que les personnes les plus riches soient taxées comme le reste de la population et que les entreprises bénéficiaires contribuent à l’impôt.
Oublions donc la déclaration gouvernementale et donnons à lire à nos ministres les analyses d’aujourd’hui pour qu’il abandonne ses idées archaïques, qu’il s’excuse et qu’il démissionne.
Cet accord de gouvernement n’était qu’un mauvais rêve !

Michel Gevers Professeur émérite de l’UCL et Docteur Honoris Causa de la VUB
Le 6 novembre 2014
Mail : Michel.Gevers@uclouvain.be