La Belgique n’a pas de problème budgétaire ; elle a un problème fiscal ! 

Texte de Michel Gevers, professeur à l’UCL et Doctor honoris causa VUB.


Ce gouvernement qui veut moderniser est en retard d’une guerre.
9 novembre 2014, 22:56
Michel Gevers

La Belgique n’a pas de problème budgétaire ; elle a un problème fiscal
Un texte de Michel Gevers.
Professeur émérite de l’UCL et Docteur Honoris Causa de la VUB

Depuis des années, le monde politique, le patronat et la presse nous assènent que la Belgique a un immense problème budgétaire.
Le budget de l’état présente un déficit de 14 milliards ; l’Europe nous menace de sanctions.
On a fait croire à l’opinion publique qu’il faut faire des sacrifices, qu’il faut sabrer dans la sécurité sociale parce que c’est la crise.
Et « la crise » est présentée comme une loi de la nature : c’est venu tout seul, personne n’en est responsable.
On évite bien sûr de dire que « la crise » est le résultat tout à fait prévisible de trente ans de dérégulation et de néolibéralisme initiés par Reagan et Thatcher.
Or la Belgique n’a aucun problème budgétaire.
Elle a un problème fiscal parce que ces mêmes Reagan et Thatcher ont un jour décidé qu’il était inacceptable que les plus fortunés d’entre nous paient autant d’impôts que la classe moyenne, et que nos dirigeants belges et européens, libéraux et conservateurs, les ont suivis et ont organisé l’évasion fiscale.
Pendant 12 ans, Didier Reynders a mis en place ou renforcé des mécanismes qui permettent aux gens très fortunés et aux sociétés qui font les plus gros bénéfices de ne payer quasiment aucun impôt : abaissement des taux d’imposition sur les gros revenus, précompte « libératoire » (le joli mot!) à un taux très bas, intérêts notionnels, et autres mécanismes ont été mis en place pour que les riches deviennent de plus en plus riches.
Ceci explique que les très riches français viennent s’installer en Belgique, paradis fiscal pour les très fortunés et pays de la rage taxatoire pour tous les autres.
Lorsqu’il y a deux ans il a été révélé que le baron Albert Frère avait payé moins de 300€ d’impôts sur toute l’année, (Albert Frère « baron » … un ami de Sarko … ) son adjoint a expliqué qu’il n’y avait eu aucune fraude, que c’était légal.
C’est à cela que sert un ministre des finances libéral, à rendre l’évasion fiscale parfaitement légale.
Il y a quelques jours, grâce aux chiffres de la Banque Nationale, nous avons appris qu’une femme de ménage paie infiniment plus d’impôts que la société Inbev ou le holding GBL d’Albert Frère, qui tous deux ont payé 0€ d’impôts sur des bénéfices de 1.748 millions et 845 millions d’euros, respectivement.
Le groupe Telenet a été moins chanceux : il a quand même dû payer 0,4% d’impôts sur un bénéfice de 4.317 millions d’euros.
Le dossier LuxLeaks nous apprend comment l’évasion fiscale organisée par nos Ministres des Finances permet aux grosses sociétés et aux plus riches d’échapper à l’impôt, ce qui oblige les travailleurs à payer des impôts exorbitants pour pouvoir notamment offrir un avion gratuit au baron Albert Frère.
Les mécanismes mis en place pour que les grosses sociétés ne paient quasiment pas d’impôts représentent un trou dans les finances de l’état qu’on évalue à 12 milliards.
La fraude fiscale et l’évasion fiscale des particuliers est estimée à un montant de 8 à 12 milliards.
C’est donc environ 20 milliards d’euros qui échappent aux recettes de l’état par la volonté du pouvoir politique, et en particulier des partis libéraux.
Et cette somme va encore augmenter avec les nouveaux cadeaux fiscaux du gouvernement Michel.
On n’a jamais montré que les intérêts notionnels avaient créé un seul emploi en Belgique.
Par contre, ces intérêts notionnels, maintenus contre toute attente par notre nouveau gouvernement néo-libéral, vont coûter des milliers d’emplois perdus.
Car en effet, pour compenser le trou de plusieurs milliards qu’ils créent dans les recettes de l’état, le gouvernement a introduit des réductions budgétaires massives qui vont mettre des milliers de travailleurs au chômage.
Les institutions culturelles, la recherche scientifique, les chemins de fer, le CRIOC, les entreprises publiques, tous vont devoir réduire leur personnel ou tout simplement disparaître, comme c’est le cas de BELSPO et du CRIOC par exemple. A côté de ces pertes d’emploi sèches, ce sont plusieurs millions de travailleurs belges qui vont voir leur salaire réduit ou leur coût de la vie augmenté, alors même que la Belgique n’a aucun problème budgétaire, mais un problème fiscal : le gouvernement ne veut pas taxer les riches.
Plutôt que de taxer la totalité des revenus, il ne veut taxer que les salaires et les allocations sociales.
Lorsque, sous les gouvernements précédents, les partis de gauche demandaient de taxer de la même manière les revenus du travail et du capital, les libéraux s’y sont farouchement opposés.
La raison?  » C’est trop compliqué. Les riches ont des armées d’avocats qui leur permettront d’évader l’impôt. Et puis la Belgique n’a pas de cadastre des fortunes.  »
Depuis 30 ans qu’on nous dit cela, on aurait pu établir ce fameux cadastre des fortunes, comme d’autres pays l’ont fait.
On nous a donc fait croire que la Belgique a un énorme problème budgétaire, et le gouvernement Michel a décidé que, plutôt que de faire contribuer les très riches et les sociétés qui font d’immenses bénéfices non taxés, il allait déclarer la guerre aux personnes qui travaillent ou qui essaient de travailler. C’est une lutte des classes d’une rare violence qui est enclenchée par ce gouvernement, soutenu par la FEB et le VOKA.
Saut d’index, blocage des salaires, atteintes aux pensions, limitation de l’accès aux soins de santé et à la culture, suppressions massives d’emplois : tout est fait pour appauvrir la population et décourager ceux qui veulent travailler de le faire.
C’est ainsi que les 50.000 personnes qui, pour échapper au chômage, acceptent de travailler à temps partiel alors qu’ils cherchaient un temps plein reçoivent une allocation complémentaire (appelée AGR) pour s’assurer qu’ils ne gagnent pas moins en travaillant qu’en chômant.
Le gouvernement a décidé de décourager ces personnes, essentiellement des femmes, en réduisant cette allocation.
Pour faire accepter par l’opinion publique cette dégradation des services et ces baisses considérables du pouvoir d’achat, le gouvernement utilise une vieille arme de propagande. Il ne dit pas  » on va démanteler, on va licencier, on va réduire, on va attaquer, on va appauvrir  » ; non, il dit  » on va moderniser « .
On va moderniser le marché du travail, on va moderniser le régime des pensions, on va moderniser la SNCB, on va moderniser les institutions scientifiques et culturelles.
La déclaration gouvernementale reprend 93 fois les mots moderne et moderniser !
Bien joué : même les éditorialistes tombent dans le panneau et écrivent à leur tour qu’il faut  » moderniser  » la sécurité sociale et le marché du travail, alors que ce mot ne veut évidemment rien dire.
Comble de l’ironie : ce gouvernement qui veut moderniser est en retard d’une guerre.
Car aujourd’hui tous les grands économistes et même les milieux financiers, FMI en tête, affirment que ce qui a plongé l’Europe dans la misère en générant des dizaines de millions de chômeurs, c’est la politique d’austérité menée depuis 2008.
Seuls des investissements publics massifs et une augmentation du pouvoir d’achat sont susceptibles de relancer la demande et de sortir l’Europe du marasme.
Même les économistes libéraux belges, qui ont inventé ou soutenu les intérêts notionnels, reconnaissent aujourd’hui leurs erreurs.
Mais le gouvernement Michel n’a rien lu de ces discours trop modernes pour lui, il n’a pas lu Thomas Piketty qui montre que nous sommes sur le point de retrouver le niveau d’inégalités d’avant 1914, et qui en explique si bien les mécanismes.
Conclusion : la Belgique n’a aucun problème budgétaire.
Il n’y a donc aucune raison de s’attaquer à notre système de sécurité sociale, notre recherche, nos institutions culturelles, ou la SNCB.
Il suffit de faire en sorte que les personnes les plus riches soient taxées comme le reste de la population et que les entreprises bénéficiaires contribuent à l’impôt.
Oublions donc la déclaration gouvernementale et donnons à lire à nos ministres les analyses d’aujourd’hui pour qu’il abandonne ses idées archaïques, qu’il s’excuse et qu’il démissionne.
Cet accord de gouvernement n’était qu’un mauvais rêve !

Michel Gevers Professeur émérite de l’UCL et Docteur Honoris Causa de la VUB
Le 6 novembre 2014
Mail : Michel.Gevers@uclouvain.be

 

 

Notre bonne RTBF … BIS

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Le 5 août dernier, excédé par les rediffusions de certains programmes déjà vus et revus, je prenais ma plume pour faire connaître mon opinion auprès du médiateur de la RTBF.

En voici la teneur et les suites qui y ont été accordées :

Le 05-08-2011, à 10:04:29, j’ai écrit :

On n’est peut-être pas des pigeons mais ne nous prendrait-on pas pour des cons ?
Auditeur fidèle depuis des années, aussi bien de la radio que de la télévision de la RTBF, je commence réellement à être agacé par les rediffusions et best-off de plus en plus généralisés.
Je suis certain que bon nombre d’auditeurs n’apprécient pas non plus ces émissions au rabais où on en reçoit au moins trois pour le prix d’une !
Le manque de subsides serait-il à ce point contraignant ?
Je serais étonné que ces pratiques permettent à l’audimat de la RTBF de rester au niveau qu’il avait atteint.
Je ne me fais pas beaucoup d’illusion sur les suivis de mon ‘coup de gueule’ mais je compatis avec tout le personnel de la RTBF qui doit participer à cette triste dégringolade.

Réponse du Médiateur de la RTBF :

De : mediationrtbf@rtbf.be
Envoyé : vendredi 5 août 2011 14:31 (NDLT : merci , cela n’a pas traîné pour la réponse)

Bonjour,
J’ai pris bonne note de toutes vos remarques.
En vous promenant sur les différentes télévisions européennes, vous pourrez constater que la saison estivale est en priorité celle des rediffusions.
Les téléspectateurs en sont souvent ravis, d’ailleurs.
Il leur est en effet possible de revoir , voire d’enregistrer des émissions passées pendant l’année qu’ils auraient ratées.
Matière grise, c’est la vie, et d’autres magazines.
C’est une politique économique, certes, puisque pendant ce temps là, l’argent économisé permet de mettre en place de nouvelles productions, mais surtout commune à de nombreux pays.
Nous sommes désolés que vous n’en soyez pas satisfait, pourtant nous essayons de contenter toute le monde.
Ce n’est pas toujours facile mais nous nous y efforçons.
Merci de l’intérêt que vous portez à nos programmes.
Bien cordialement
Marie-Anne Blanc-Francard
Service Médiation

Nouveau message à l’attention du Médiateur de la RTBF le  8/08/2011 10:11

Bonjour Madame,

Je vous remercie pour votre réponse.

Je ne crois cependant pas devoir vous faire remarquer que la période de rediffusion et ‘Best Of’ de la RTBF ne se limite pas à la saison estivale.

Je serais également curieux de savoir sur quelle enquête de satisfaction des téléspectateurs ou auditeurs vous vous baser pour affirmer leur satisfaction. Au contraire, une véritable enquête préalable prouverait peut-être l’inverse.

Mon intention n’est pas de polémiquer sur les économies que tente de réaliser la RTBF, au contraire, je suis de ceux qui estiment être en droit de disposer d’un service public de qualité, pour lequel les moyens financiers ad hoc doivent être alloués. La solution des ‘rediffusion et Best Of’, trop usitée, devient lassante et nuit à l’image de la RTBF. C’est au service public de se battre pour obtenir ses moyens, avant de faire n’importe quoi.

Je reste fidèle téléspectateur du Journal télévisé et, accessoirement, de la météo … pour lesquels, Dieux merci, il n’y a pas encore de Best of ! …bien qu’en ce qui concerne la météo cela soit peut-être possible.

Je vous prie de recevoir mes salutations distinguées.

Denis MEUNIER

Et Vous, quelle est votre position face à cette pratique ? N’hésitez pas à me laisser un message ou, au minimum, à répondre à mon petit sondage.
Merci

Bonne gouvernance, éthique … changement … choix des électeurs ….

Le chant du MR est, à ce sujet, pour le moins lassant et tout aussi aveugle.

Oui je suis pour la bonne gouvernance, pour que des règles strictes soient appliquées au niveau des cumuls des mandats et de l’utilisation de l’argent public par nos élus. Cette exigence doit être appliquée à tous les partis politiques et non seulement au PS.
Le MR et son Président est, à ce sujet, pour le moins amnésique et n’a certainement aucune leçon à donner ; il suffit de vérifier les cumuls innombrables que ses élus bruxellois exercent encore aujourd’hui et dont la presse ne fait bizarrement pas écho. A force de voir la paille dans l’œil de son voisin ne verrait-on plus la poutre dans le sien ? Madame Milquet non plus ne devrait pas trop se targué de sa virginité ( je parle de celle de son parti naturellement )

Mais encore une fois, je refuse à mettre en avant l’un ou l’autre de ces faits particuliers et de tomber dans ce même travers en les utilisant de manière bassement politicienne. Moi non plus, comme la grande majorité des véritables Socialistes que je connais, je n’accepte pas ces ‘dérives’ et je m’interdis de faire l’amalgame des actions de certains avec celles de l’ensemble d’un parti. Je suis fier d’être Socialiste, non pas en tant qu’affilié à un parti mais pour son idéologie et son combat pour les travailleurs.  Je suis fier de travailler pour Charles Picqué, un Ministre-Président intègre et certainement pas ‘Cumulard’ : sa seule fonction rémunérée est celle de Ministre-Président et il s’y atèle 24 h / 24 , 7 jours / 7. ( Vérifiez sur le site du Moniteur Belge où la liste de tous les mandats peut être consultée : Moniteur du 13/08/2007 N° 236 )

Maintenant, il s’agit de bien travailler, en collaboration avec Ecolo et le CDH, comme cela a déjà été le cas à Bruxelles, la législature précédente. Il s’agit pour le PS de prendre les mesures nécessaires pour que ne se reproduisent plus les travers tels que Donfus, Lizin …

Le changement, le choix des électeurs, il a été clair : les Écolos sont les seuls à avoir progressé, en Wallonie comme à Bruxelles ; le PS bien qu’ayant perdu des électeurs, reste de loin, le premier parti.
A Bruxelles, le MR se vante d’être le premier parti mais oublie qu’en fait, il n’est qu’un amalgame de petites entités dont les opinions sont souvent divergentes et dont la principale composante bruxelloise est le FDF. Sincèrement, je ne crois pas qu’il aurait été possible, à Bruxelles, de maintenir la paix communautaire avec les exigences et revendications exprimées de manières si agressives par Maingain et bêtement relayées par MR Reynders. A ce niveau, Charles Picqué a, encore une fois, été reconnu comme le seul représentant crédible de l’ensemble des Bruxellois avec 37.752 voix ( contre 28.359 pour le premier représentant du MR )

A l’heure actuelle, le MR n’a pas encore reconnu qu’il était de fait le perdant de ces élections ; le changement, c’est plutôt de ce côté que les électeurs le demandent. Ils en ont assez des cadeaux faits aux riches, aux fraudeurs … aux capitalistes ; le changement devrait aussi s’opérer au niveau fédéral mais là, je crains que MR Reynders soit bien trop attaché à son siège pour le comprendre.

ELECTIONS 2009 – La coupe est pleine

Plus que jamais, ces élections 2009 m’apparaissent comme une confrontation ‘ Gauche / Droite ’, ou si vous préférez ‘ Travailleurs / Capitalistes ‘  Certains prétendrons ces termes ‘désuets’ , dépassés … mais pour moi, ils reflètent encore et toujours parfaitement la situation.

Ceux qui me connaissent savent qu’en général je ne suis jamais le dernier pour dénoncer ce qui ne va pas, ce qui me révolte, que ce soit au sein de mon cadre de vie personnel, dans mes relations de travail ou fréquentations politiques.

J’ai entendu récemment le Président du Pati Socialiste annoncer qu’il ne ferait pas alliance avec le MR après les élections prochaines. Cela me réjouit au plus haut point car ce type d’alliance, je l’ai toujours considérée comme ‘contre nature’, comme le mariage de l’eau et du feu. De plus en plus, le MR se distingue par son manque de programme en faveur de la classe des travailleurs, par le rassemblement d’idéologies de Bric et de broc en provenance de courants d’idées divergents les plus divers et dernièrement, par le populisme effréné de son président.

Où la coupe est pleine, c’est que ce président, pour qui tout est bon, n’a pour tout programme que le dénigrement du Parti Socialiste ou la mise en avant de réalisations qu’il a lui-même ou son propre parti saboté.

Les ‘Affaires Lizin, Donfus …’ il oublie qu’il y en a aussi dans son propre parti ; Les voyageurs en Californie étaient certainement tous Socialistes !!! Mais je m’en voudrai de tomber dans ce même travers en les rappelant car moi non plus, comme la grande majorité des véritables socialistes que je connais, je n’accepte pas ces ‘dérives’ et je m’interdis de faire l’amalgame des actions de certains avec celles de l’ensemble d’un parti .
Le décret ‘Inscriptions’ qui dérange t’il ? … Comment a t’il été saboté et par qui ?

Mais puisque Mr Reynders aime montrer la paille dans l’œil du parti Socialiste, je ne peux résister au plaisir de lui montrer le respect que certains de ses ‘colistiers’ ont de la règlementation  ; se croire au dessus des lois reste certainement, je n’en doute pas et je ne l’entends pas autrement, le fait de personnes isolées . !

Tout est permis avec la ‘ DINKI TOYS ‘ personnalisées du MR, pourvu qu’on soit vu !!!

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Photo de ce Jeudi 21 mai à 7H20, Avenue Brugmann à Uccle – Et il ne s’agit pas d’un fait unique, accidentel, non intentionnel … ceci se répète quotidiennement ; ce véhicule était encore et toujours parqué de la même manière ce 25 Mai.

Ceci n’est pas grave et permis puisqu’on se trouve dans une commune Libérale ; imaginez Bruxelles Libéral !!! NON MERCI.

NO COMMENT ( Cliquez pour agrandir les photos )

VW Forest en deuil !

Lettre ouverte à
A l’attention de la direction de D’IETEREN Auto Volkswagen Import
Rue du Mail, 50
1050 – Bruxelles

Beersel, le 8 décembre 2006

Monsieur le Directeur,
J’accuse réception de votre lettre du 22 novembre dernier par laquelle vous me faites part de votre émotion suscitée par la décision de Volkswagen AG au sujet de l’usine de Forest.
Cette dernière m’aurait d’autant été plus agréable si elle m’avait fait part de vos hypothétiques interventions auprès de la firme Allemande pour empêcher cette délocalisation de la production de la Golf et des suites que, vous-même, mais d’abord les travailleurs de Forest, alliez nécessairement subir.
Je suis indigné de voir, encore à l’heure actuelle, cette société réclamer encore plus de « cadeaux » en récompense des licenciements planifiés, sous peine d’alourdir encore la blessure sociale qu’elle-même a provoqué.
En fait, c’est la collectivité belge toute entière qui va devoir payer pour cette décision ;
Qui va payer les allocations de chômage pour les pertes d’emplois directes mais aussi indirectes ?
Ceci en n’évoquant même pas les nombreux cadeaux faits précédemment par l’Etat (vous et moi) pour la construction et la modernisation de l’usine de Forest et de l’ « Automotive-Park »
Il est temps (et je m’y engage) de réclamer à nos politiques de ne plus se plier aux exigences des multinationales, de réclamer la restitution des aides et subsides précédemment accordés mais aussi de trouver des solutions les obligeant à respecter le marché local de l’emploi. Je pense, entre autres
et par exemple, à des taxations sur les produits précédemment produits sur place et délocalisés, à une taxation sur base de la distance entre le lieu de production et le lieu de vente … imaginez avec moi !
Le Groupe Volkswagen à déclaré sa volonté de maintenir le site de Forest, affirmez-vous ? Oui mais vous taisez les conditions et restrictions qu’il y impose ;
Vous rappelez que la distribution de la marque est assurée par des entreprises belges et indépendantes ; si ces entreprises sont réellement indépendantes, pourquoi ne pas marquer cette indépendance en vendant d’autres produits ?
A ce jour, je suis encore propriétaire de deux véhicules de la marque (Polo et Audi 80) Au total, j’en ai acquis neuf à titre personnel et ai suscité l’achat de nombreux autres à titre professionnels. J’ai toujours été satisfait par le service « D’Ieteren » mais regrette qu’aujourd’hui ce service fasse partie
des « oeufs cassés » par le Groupe Volkswagen. Je vous informe qu’il entre dans mes intentions d’attendre l’année 2009 et d’évaluer la situation à Forest, avant de procéder au remplacement d’un de mes véhicules.
Comme vous, je suis soucieux de voir les chances qui seront données au succès du site de Forest.
Denis MEUNIER

Lettre originale en PDF  VW-Forest

Socialiste je suis … TOUJOURS !  (02/06/2006)

J’adhère pleinement à la carte blache ci-après :

« Source Carte Blanche : Emmanuelle Dardenne « 

« 
Avanti Camarades…

Nous sommes des militants socialistes, certains depuis leur plus jeune âge, d’autres depuis que le parti s’est ouvert à la société civile. La plupart d’entre nous travaillent au quotidien pour le PS, dans les différents gouvernements du pays, dans les parlements, dans les provinces et dans des villes.
Pour nous, la politique, n’est pas une histoire de structures. Ce n’est pas les luttes fratricides, des conflits matadoresques, des questions de personnes, le cumul de fonctions ou les conflits d’intérêts.
Pour nous, la politique, c’est d’abord et avant tout une histoire de cœur et de valeurs, que nous défendons haut et fort, sans rougir, au nom du socialisme.
L’égalité, la tolérance,la solidarité, la redistribution des richesses,…sont les moteurs de notre travail.
Ces valeurs n’ont rien à voir avec le culte de la personnalité, avec les cultures des petits privilèges et sévères dérapages présumés de certains élus et conseillers !


Ne jouons pas les vierges effarouchées, la plupart d’entre nous ont été confrontés à un moment ou à un autre à des comportements d’élus PS qui ne correspondaient pas à la conception que nous nous faisons de notre idéal commun. Nous savions qu’il fallait du temps pour rénover en profondeur un si grand parti. Nous savions qu’au nom du parti étaient, ça et là, posés des actes que nous ne pouvions que condamner. Mais ces actes étaient sans commune mesure avec ce que nous découvrons aujourd’hui.
Et surtout, ils ne constituaient même pas l’envers d’un décor bien plus motivant, celui des victoires engrangées sous ces différentes législatures, les petits et les grands combats gagnés dans les gouvernements, les parlements, les villes et commune.
Oui, nous sommes fiers de l’accès plus facile à la justice pour tous, du Plan Marshall, du contrat pour l’école, de la construction de nouveaux logements publics, de la liaison des allocations sociales au bien-être, de la préférence accordée à la garde alternée lors de la séparation des parents, du renforcement de la protection des consommateurs, de la taxe Tobin…

Mais aujourd’hui, nous sommes atterrés, humiliés et révoltés.

Atterrés par l’ampleur et la signification des révélations qui secouent, notamment, une des plus grosses fédérations du parti.

Humiliés et en colère surtout lorsque parents, amis, vagues connaissances nous interpellent pour nous demander ce que nous faisons « avec ces gens-là », ricanent au moment de payer la note de restaurant en nous demandant si on met ça sur le compte d’une asbl ou, plus gentiment, espèrent nous entendre dire, « on n’est pas tous pourris ».

Révoltés aussi parce que, sans vouloir jeter une opprobre définitive sur ceux qui aujourd’hui sont cités devant la justice ou ceux qui flirtent avec des incompatibilités déontologiques, leurs comportements, leur arrogance, leur ton guerrier et surtout leur sentiment d’impunité nous font honte.

Nous aurions compris qu’on clame haut et fort son innocence ! Nous sommes écoeurés qu’on se défende comme un tout puissant que rien ne peut atteindre, même pas les règles de fonctionnement d’une démocratie et d’un parti, et/ou qu’on refuse derrière ses barreaux de démissionner. Alors que nous sommes un parti collectiviste au service de la société, nous voilà aujourd’hui aux prises avec des rebuffades qui nient l’intérêt général !

Nous voulons, dès aujourd’hui, pouvoir continuer à faire avancer notre travail, nos dossiers. Nous ne devons pas rougir de notre bilan aux différents niveaux de pouvoir même si nous pouvons l’améliorer, c’est évident.
Mais pour bien bosser, il faut le moral, il faut des convictions, de l’entrain, de la passion. Et aujourd’hui, c’est dur le matin de retrouver la pêche qui donne des ailes.

Pourtant, c’est impératif : nous devons décupler énergie et envie de nous battre encore pour le socialisme.

Nous devons absolument épauler la rénovation entamée par notre Président. Nous aussi, nous avons été surpris qu’elle « trébuche » sur des affaires qui deviennent presque chroniques. Mais c’est le moment ou jamais de nous battre pour poursuivre ce travail de rupture avec ces pratiques qui confondent intérêt personnel et intérêt général. C’est le moment ou jamais de nous battre pour faire de la politique, au service du citoyen. Au PS plus qu’ailleurs. Au PS plus que jamais.

A notre place, notre meilleure arme c’est encore et toujours le travail ! C’est un devoir de loyauté vis-à-vis de nos valeurs et de nos concitoyens, c’est aussi un devoir de déloyauté envers ceux qui ne les respectent plus.

C’est la nécessité de permettre à nos valeurs de corriger cette société fondée sur les prétendues valeurs que sont le profit, l’individualisme et le consumérisme. Ces « valeurs » que certains des nôtres ont préférées au socialisme.

Nous avons écrit cette carte blanche pour pousser un cri de rage mais aussi pour nous rappeler, pour vous rappeler, que le PS c’est avant tout un parti au service de valeurs universelles, au service de la société. Et qu’il est un parti composé par des femmes et des hommes, jeunes et moins jeunes, qui ont toujours la conviction qu’on peut changer le monde.
« 

J’adhère : Denis MEUNIER