Fier d’être flamand !

Suis-je fier d’être Flamand ?

Oui, oui, je suis flamand ; bien que né à Sclayn, petit village de Wallonnie et travaillant à Bruxelles, j’habite en Flandre ou plus exactement dans le Brabant flamand, une province néerlandophone de la Belgique ; ma carte d’identité en atteste, elle est en flamand, ou plutôt la première langue qui y est utilisée est le Néerlandais.

Je remplis ma feuille de déclaration de revenus en néerlandais (enfin avec des chiffres arabes, mais le texte pré-imprimé est en néerlandais).

Avec les autorités communales, avec mes connaissances néerlandophones, je balbutie (quand je ne bredouille pas trop) en flamand ( j’arrive à me faire comprendre) et ça, moi, l’ancien petit Wallon, j’en suis fier.

Mes contacts avec mes voisins, de quelle que culture qu’ils soient, sont très bons et cordiaux.
De ma région d’adoption, j’ai découvert les recoins typiques, ses spécialités et traditions locales et j’aime à les faire découvrir à mon tour à mes amis ou famille restés en Wallonie.
En un mot, je me sens bien chez moi, autant que le Bruxellois ou l’Anversois qui est venu s’installer à Beersel.

Mais ces derniers temps, je la mettrais plutôt en sourdine. Pour reprendre les mots d’un homme politique (flamand) que j’estime : «  on ne peut se sentir à l’aise dans sa patrie que quand celle-ci vous respecte et que la démocratie y est respectée« . Ce grand homme n’avait de cesse que la défense des droits de la minorité néerlandophone à Bruxelles soit prise en compte (noble combat en soi) . Mais, en Flandre, la démocratie est en grand danger. Les droits fondamentaux des minorités (et il n’y a pas que ceux de la minorité non reconnue francophone) sont sans cesse attaqués. Une nouvelle idéologie intolérante aux relents nauséabonds de nazisme se met peut à peu en place.

La contamination est bien plus profonde que ce qu’il y paraît : même des partis qui se disaient être les piliers de la défense de la démocratie, suivent docilement ces nouvelles sirènes et posent des actes à faire rugir – pardon monsieur le Lion – à faire rougir de honte les citoyens encore un tant soit peu responsables.

Une certaine classe politique déçoit (pour ne pas dire plus) : les compromissions, les magouilles, les discours nationalistes des plus faciles, les actions protectionnistes, et maintenant l’oubli des actes de collaboration …

Alors ?

Après la réputation qui a été faite à la Belgique des suites de l’affaire « Dutroux », je n’osais déjà plus affirmer ma nationalité à l’étranger, mais maintenant …

Euh … Pardonnez-moi d’être flamand !

Denis MEUNIER